Étonnantes ces poteries anthropomorphes… la bouche ouverte, elles présentent des «visages» comme eux aussi étonnés de découvrir le monde des hommes. Elles étaient là, conservées dans un petit village de pêcheurs dans l’état de l’Adamawa au Nord du Nigeria, était ce pour servir le culte des ancêtres? Lors de la cérémonie Dube, elles recevaient des sacrifices pour des pêches fructueuses et plus tard dans l’année, de la bière. Le chef priait alors pour la bonne santé de la communauté. Un article paru en 1973 (in African Arts, VI (4)) : «The death of a cult in Northern Nigeria», T.J.H Chappel explique que celles-ci étaient censées représenter un chef défunt. Difficile de le comprendre, de percevoir ces explications au travers de ces formes expressives, voire joyeuses et cocasses comme semble l’être ces figurines. Ou étaient-elles utilisé dans les divinations de guérison du Longuda kwandalha? Une fois qu’un spécialiste des rituels a déterminé la cause d’une maladie, le patient recevait une de ces poteries dans laquelle la maladie sera transférée. De tels pots, qui tendent à incarner les symptômes décrits, sont remarquables par leurs formes hautement expressives et imaginatives.

La mort d’un culte ! En 1965, le chef se convertit à l’Islam, peut-être d’autres facteurs, d’autres raisons aussi, firent que le culte aux ancêtres puisse être d’un seul coup balayé par la jeune génération, que les poteries puissent être détruites… que s’est-il réellement passé dans ce village à l’automne 1965 ?

poterie de l'Adamawa Nigeria Terre cuite terracotta

Terre cuite, hauteur : 24 cm