Aladji KONÉ est né en 1959, à Saint-Louis du Sénégal. C’est un plasticien qui s’adonne aussi bien à la peinture qu’à la sculpture. Il représente dans ce tableau un moment historique de l’Empire du Mali : le retour à Tombouctou, ville lumière, du souverain Mansa Moussa et de sa suite après son pèlerinage à la Mecque en 1325.

"Ville Lumière"
Acrylique sur toile - 100 x 200 cm
"Ville Lumière" (détail)
Acrylique sur toile - 100 x 200 cm

Mansa Moussa ou Kankou Moussa est le dixième « mansa » (roi des rois) de l’empire du Mali de 1312 à 1332 ou 1337. Moussa porte de nombreux titres, émir de Melle, seigneur des mines de Wangara, ou conquérant de Ghanata, de Fouta-Djalon et d’au moins une douzaine d’autres régions. Il porte l’Empire du Mali à son apogée, du Fouta-Djalon à Agadez et sur les terres de l’ancien Empire du Ghana. Il établit des relations diplomatiques suivies avec le Portugal, le Maroc, la Tunisie et l’Égypte. Il est considéré comme l’un des hommes les plus riches de l’Histoire, voire le plus riche, même si cette affirmation reste contestée. Le pèlerinage à la Mecque de Mansa Moussa le rendit célèbre en Afrique du Nord et dans le Proche-Orient. Il part pour l’Arabie en 1324, avec sa suite qui comprend 60 000 hommes, 12 000 serviteurs et esclaves, des hérauts vêtus de soie et porteurs de bâtons d’or s’occupent des chevaux et des sacs. Moussa fournit tout ce dont a besoin la procession, fournissant nourriture aux hommes et aux animaux. Au sein de la caravane se trouvent aussi, selon certains récits, 80 dromadaires portant entre 50 et 300 livres d’or en poudre chacun. Dans chaque ville qu’il traverse, Moussa offre ses richesses. Il est aussi indiqué qu’il construit une nouvelle mosquée chaque vendredi, quelle que soit la localité où il s’arrête ce jour-là. Plusieurs témoins directs rendent compte de son voyage. Ils sont tous impressionnés par la richesse du souverain et par l’importance de sa suite, dont le souvenir est rapporté dans de multiples sources. Sa rencontre avec le sultan mamelouk An-Nâsir Muhammad ben Qalâ’ûn en Égypte en juillet 1324 est documentée. Cependant, la munificence de Moussa provoque des effets secondaires dévastateurs, ruinant l’économie des régions qu’il traverse. Au Caire, à Médine et à La Mecque, l’afflux soudain d’or provoque une dévaluation de ce métal qui durera pendant dix ans. Le prix des biens de consommation connaît une forte inflation, le marché tentant de s’adapter à l’afflux de richesses accompagnant la venue du roi malien. Afin de rectifier le cours de l’or, Moussa emprunte à haut intérêt tout l’or qu’il peut emporter aux prêteurs du Caire. C’est la seule fois dans l’histoire qu’un homme contrôle directement le prix de l’or du bassin méditerranéen. Le souverain malien passe par Tombouctou à son retour de la Mecque et y installe des architectes venus d’Al-Andalus (dont Abou Ishaq es-Sahéli) et du Caire afin d’édifier son palais et la mosquée Djingareyber toujours existante. Tombouctou est située sur un site favorable, à proximité du fleuve Niger, axe de transport principal de la région. La ville devient un carrefour religieux, culturel et commercial, ses marchés attirent les commerçants de l’Afrique occidentale comme d’Égypte, une médersa est fondée dans la ville (ainsi qu’à Djenné et Ségou) ce qui contribue à la diffusion de l’islam, Tombouctou devient une ville renommée pour son enseignement islamique. Les informations concernant la prospérité nouvelle de la ville parviennent jusqu’en Europe, les commerçants de Venise, Gênes et Grenade rajoutent la cité à leurs circuits commerciaux, ils y échangent des produits manufacturés contre de l’or. En 1330, la ville est conquise par le royaume Mossi. Après en avoir rapidement repris le contrôle, Moussa y fait construire des remparts, un fort et y cantonne une armée de manière à protéger Tombouctou de futures attaques.