Chalys Lèye est né à Dakar en 1952. Sa peinture explore les signes puisés dans les traditions animistes africaines et ceux utilisés par les marabouts dans la confection du talisman nommé khatim. Il est intéressé par l’interaction de signes qui, par leur emplacement sur un support, ont une fonction protectrice qui cherche à écarter le mal, à exorciser un problème, à neutraliser un phénomène. Chalys Lèye met en scène le khatim pour en valoriser l’aspect esthétique. Les liens entre l’arabe utilisé pour la fabrication du khatim et les signes puisés en diverses traditions africaines rappellent les composants qui se croisent à travers le continent et qui alimentent les imaginaires, comme par l’insertion d’asphalte dans la toile, rappelant les routes ouvertes de par le monde qui relient les hommes entre eux. Elles renvoient aussi aux trajectoires à arpenter entre l’ici et l’ailleurs, entre le visible et l’invisible. Par le biais de ces agencements rigoureux de carrés (carrés de la grille du khatim qui est emboîtée dans le tableau lui-même), ses tableaux-talismans renvoient à la magie des espaces lointains.

« Sans Titre », technique mixte – 81 x 65 cm