Premiers mouvements, premiers papiers.

Née dans une famille néo urbaine récemment installée en région parisienne, Nola Cylla passe son enfance à Bécon les Bruyères, dans un quartier parisien proche de la gare St Lazare.
Hors la vie quotidienne francilienne en espaces restreints et temps normés, se découpent des fenêtres de liberté totale de mouvements. Au bout de l’île de ré, un St Clément des Baleines rural encore inconnu des foules accueille les vacances familiales..
Comme libération à une scolarité figée et grisâtre, la danse passion vient animer le quotidien. En complément, Nola s’empare très tôt de crayons, peintures et papiers. Arrivent très vite tous supports nourrissant son appétence pour les arts graphiques et plastiques.
A l’heure du choix difficile entre études artistiques et un professorat d’EPS, la danse l’emporte.
Lorsque son jeune ménage s’installe à Voiron, Nola découvre un univers inconnu : la nature et quatre véritables saisons à même la ville. Brutalement confrontée à la charge exclusive de ses trois filles, un temps de travail alimentaire s’impose. Mouvements et pinceaux restent présents, respirations plus que vitales.

De rencontres en nouvelles découvertes.

A ses deux passions artistiques mises en couvade, quinze années de passion du théâtre partagée en famille se sont heureusement greffée. Vacances en famille et en troupe, représentations itinérantes, enfants et parents sont acteurs, cuisiniers, logisticiens, tout est partage.

Les œuvres, encore picturales, s’épaississent, se mixent, ondulent… Le métal couve…

En 2006, le voyage de ressourcement, d’agrément, bascule dès son arrivée en coup de foudre pour Warang, au Sénégal. Très vite, un lieu de vie est crée. Un terrain de manguiers, à la sortie du village, aux portes de la brousse, voit s’implanter une maison lumineuse, un atelier généreux.
Dans les rouges rues bordées de métalliers, d’ateliers de couture, se croisent les charrettes écrasant inexorablement des épaves tombées, inutiles, oubliées. Prodigue, la mer dépose toiles et flancs colorés de pirogues. L’étrange étrangère partout ramasse des clous, ferrailles et canettes longuement modelées. Marteaux, pinces et chalumeau complémentent ses traditionnels outils de peintre.
Les premiers tableaux de métal apparaissent, parfois traversés de bustes en mouvement.
Hors l’atelier quotidien, la vie exclusive au village, pour les courses, les fêtes s’ouvrent de nouvelles rencontres.

Partir pour unique leitmotiv ?

Dès 2008, un constat pour Nola l’immigrée française : l’Europe est LE rêve des jeunes villageois. Dialogues, palabres, confrontations… Une évidence, il convient d’utiliser ce matériau.
Avec une vingtaine de jeunes villageois , le projet fou de participer à la biennale Dak’Art 2008 est imaginé, puis construit. Aucun d’eux n’avait alors approché un pinceau d’un support pictural, l’inconcevable s’est offert au public, à chacun d’eux.
Tous sont restés, nombreux se sont découvert, une nouvelle vie possible s’est établie.

Les œuvres actuelles témoignent de cette vie de passions/rencontres/apprentissages. Boucles d’oreille, mobilier, tableaux, totems mais aussi photos, la représentation continue…

"Empreinte de mes pas" n°1
Technique mixte - 43 x 43 cm
"Empreinte de mes pas" n°2
Technique mixte - 43 x 43 cm
"Empreinte de mes pas" n°3
Technique mixte - 43 x 43 cm
"Empreinte de mes pas" n°4
Technique mixte - 43 x 43 cm

Empreintes de mes pas

On l’aperçoit à peine.
Recouverte du sable de la route, elle laisse apparaître un reflet, un coin écrasé, un léger arrondi
Je me baisse prestement, je l’attrape; d’un geste devenu habituel, je tape fermement pour faire s’envoler les grains de sable.
Je regarde
Cette boîte écrasée des centaines de fois par les roues des voitures, les roues des camions, les roues des charrettes, les semelles des piétons, apparaît enfin
Quelle beauté
Couleur argentée, plutôt étamée, plis, replis se dessinent, se redessinent
Cette boîte, qui fut canette, qui fut conserve, devenue obsolète, jetée négligemment sur la chaussée puisque inutile, m’apparaît soudain dans sa splendeur
Une pointe de soudure
Elle rejoindra ses semblables si dissemblables