Né en 1971 à Ziguinchor, en Casamance, Kassou Seydou vit et travaille à Keur Massar, au Sénégal. Formé à l’École nationale des Beaux-Arts de Dakar entre 1998 et 2001, il prolonge son apprentissage lors d’une résidence de deux ans à Joal-Fadiouth, au sein de l’association Portes et passages du retour. Il développe progressivement une peinture qui s’éloigne des conventions académiques, nourrie par l’observation du quotidien, l’imaginaire et les héritages culturels sénégalais.

Son parcours s’inscrit d’abord dans les lieux de création et de diffusion artistique du Sénégal. Lauréat du concours Wapi du British Council en 2009, il participe à Act 3 au musée Boribana en 2010, puis présente ses gravures dans De Kawral à Sargal, à RAW Material Company, en 2013. Ses participations au OFF de la Biennale de Dakar, ainsi que ses résidences à l’Alliance française de Ziguinchor en 2015 et auprès de la Fondation Blachère à la Somone en 2017, accompagnent l’affirmation de son travail.

La Galerie Cécile Fakhoury lui consacre plusieurs expositions personnelles : Kings of the New Cities à Abidjan en 2017, Mbindoum kaw gue à Dakar en 2019, Comme la jungle, la mer à Abidjan en 2020–2021, puis Guiss guiss (la vision) à Paris en 2021–2022. Cette collaboration se poursuit avec des expositions collectives, notamment Les Visionnaires à Abidjan en 2018, puis Le Pays de Cocagne à Paris et Cour intérieure à Dakar en 2025. Ces rendez-vous donnent à son œuvre une visibilité croissante entre l’Afrique de l’Ouest et l’Europe.

Son travail est également présenté aux Bahamas, chez Mestre Projects, à Nassau, avec deux expositions personnelles : Here Comes the Sun en 2021 et Between the Two en 2024. La première explore notamment les traversées maritimes, les migrations et les espoirs qui les accompagnent. La seconde aborde les mobilisations citoyennes et la défense des acquis démocratiques au Sénégal, témoignant d’une attention constante aux réalités sociales et politiques de son pays.

Au cœur de sa démarche, une écriture faite de boucles et de spirales traverse les compositions. Elle relie les personnages, les objets et les paysages dans un même mouvement. Les scènes mêlent des situations reconnaissables à des présences symboliques, ouvrant plusieurs chemins d’interprétation. Kassou Seydou y interroge le travail, les migrations, la transmission et les transformations des modes de vie, avec une préoccupation persistante : la qualité des relations entre les êtres et leur environnement.

Dans les œuvres présentées à la galerie, la proximité des figures et la continuité des signes peuvent suggérer une humanité dont les destins s’entrecroisent. Les attitudes semblent osciller entre attente, mouvement et rencontre. Sous la douceur des couleurs affleurent ainsi des questions sur notre manière de vivre ensemble, sur ce qui nous relie et sur la place que chacun peut trouver au sein du collectif.