Alhassane KONTÉ, dit Lass (Mali, né en 1993) obtient, en 2017, son diplôme en sculpture à l’Institut National des arts. Il se forme ensuite en Arts Plastiques, licence 3, au Conservatoire des Arts et métiers Multimédia de Balla Fasséké Kouyaté de Bamako au Mali. Nommé à deux reprises, lauréat du concours de la coopération Mali/Union Européenne, il est membre du Collectif Tim’Arts. Sa première exposition à Paris, Galerie Chauvy, se tient en parallèle à la Saison Africa 2020/2021, organisée par l’Institut français.

En 2019, Alhassane travaille avec des cartes à jouer pour créer une série de tableaux atypiques. Inspiré par le travail du photographe malien Malick Sidibé, il donne une nouvelle interprétation à ses poses prises en studio de la jeunesse malienne post-indépendance. C’est le temps des yéyés, du twist, des 45 tours et des rendez-vous galants. Ses images respirent l’insouciance. Ces oeuvres dépassent cette dimension historique, pour devenir des moments de poésie pure.

En 2020, nouvelle série: « À Travers la Fleur »
Face à face, enfant et fleur paraissent comme saisis sous la pression de catastrophes environnementales menaçant de les submerger, autant l’un que l’autre. Un dialogue semble s’instaurer entre l’enfant et la fleur, seuls et vulnérables, dans l’espace de la toile. L’enfant sait d’instinct que la fleur est vivante et fragile au même titre que lui. La force de la fleur, dépendra de celle de l’enfant. L’artiste porte un regard à la fois critique et optimiste sur notre relation avec le monde qui nous entoure et la nécessaire protection de tout ce qui est vivant sur terre. Une notion bien intégrée au Mali, au vu des campagnes lancées ces dernières années pour combattre le réchauffement climatique et pour le reboisement comme : «Bamako vert», «Save le fleuve Niger»: «Je plante mon arbre», «Ma rue verte», «Un Malien, un arbre» …
L’œuvre de Lass est sous tendue par la vision critique de son environnement direct. Ces influences, puisées au coeur de son pays le Mali, ouvrent un dialogue sur les valeurs humaines, l’écologie, le temps et la persévérance nécessaires au fonctionnement de vies aux modes d’existence pourtant, radicalement différents « chaque espèce créant toujours, de manière généreuse, pour les autres espèces. » (Emanuele Coccia – Métamorphoses – Édition Payot & Rivages, mars 2020)

(Texte: Galerie Chauvy, 16 rue de la grange Batelière, 75009 Paris – 2020)

"La Ferrari Rose"
Technique mixte sur toile - 205 x 158 cm
"Ours Bleu"
Technique mixte sur toile - 120 x 100 cm
"La Défense"
Technique mixte sur toile - 160 x 125 cm
"Protection"
Technique mixte sur toile - 150 x 130 cm
"Lys Bleu"
Technique mixte sur toile - 170 x 155 cm