Née en 1988 et originaire de Bargny, dans la région de Dakar, Fatou Mandoye Mbengue est diplômée de l’École nationale des Beaux-Arts de Dakar. De 2002 à 2005, elle poursuit une formation de perfectionnement en peinture à l’École des arts visuels de Genève, en Suisse, avant de revenir s’établir au Sénégal. Son parcours est notamment distingué par le prix de la Fondation Jean-Paul Blachère, reçu en 2019 lors d’une exposition en hommage à Fatma Charfi, puis par une distinction au Salon « Geew Bi » de l’Institut français de Dakar en 2020.

Pour Fatou Mandoye Mbengue, la peinture est intimement liée à l’expérience vécue. Joies, épreuves et souvenirs nourrissent une démarche dans laquelle créer permet de mieux se connaître, de prendre confiance et de se reconstruire. L’art constitue pour elle une thérapie autant qu’un espace de dialogue et de transmission. Travaillant principalement à l’acrylique sur toile, elle explore les relations entre l’être humain et la nature, tout en accordant une place essentielle à l’enfance et à l’éducation.

Sa première exposition personnelle, « Mes traits, mon histoire », présentée en 2019 au centre culturel de la Fondation Sococim, témoigne de cet ancrage autobiographique. En 2024, elle participe à l’exposition collective « Soppiku : Métamorphose – L’Évolution de l’Identité Artistique », chez Loman Art à Dakar, après avoir bénéficié du soutien de l’Africa Prime Initiative.

À la Galerie Mémoires Africaines, elle présente « En cours de route », une série de peintures réalisées en 2026 qui puise dans ses souvenirs d’enfance. Envoyée faire une commission, elle se laissait parfois détourner de sa destination par la plage, les champs ou les découvertes rencontrées sur son chemin. Ces trajets ordinaires devenaient alors des aventures, guidées par la curiosité et le plaisir d’explorer.

À travers les enfants qu’elle représente, l’artiste retrouve cette liberté et cette disponibilité à l’inattendu. Ses compositions aux couleurs vives font du quotidien un terrain de jeu et de découverte. La série prolonge ainsi sa réflexion sur ce qui nous construit : les apprentissages, les rencontres, mais aussi les détours. Elle invite chacun à regarder son propre parcours avec la légèreté de l’enfance, en laissant une place à ce qui survient en chemin.